vendredi 27 mars 2009

Playlist DES OREILLES DANS BABYLONE…



Chez Dodb les Playlists sont forcément très éclectiques. Entre les électro maniaques pointus, les drogués à la psyché pop et les amateurs de funk suédois communiste, on n’a pas souvent le temps de s’ennuyer. 
Mais quand on réunit tout ça dans une marmite et qu’on discute en refaisant le monde, la différence tourne bien vite en homogénéité. 
Définitivement, il faut de tout pour faire un monde. Et c’est pas nous qui l’avons dit, c’est Arnold et Willy. 
Voici donc deux ans de Dodb résumés en huit morceaux, à écouter au casque, forcément.

1_ Koudlam - See You All

Une symphonie magistrale aux paysages sonores étourdissants passée en boucle l’année dernière par Fabien. 
Un artiste trop peu connu et un disque dédicacé aux indiens d’Amérique et à tous ceux que l’on a dépossédé de leurs terres.

2_ Jeremy Jay - Till We Meet Again

De la pop glam au son patiné, assombrie par une grande voix de crooner caverneuse, présentée l’année dernière par Emmanuel. 
Astucieusement placé en milieu d’album, cette chanson en est le sommet.

3_ Guy Borato - Mr Decay

En 2007 Dave nous signalait la montée minutieuse et clinique de ce Mr. Decay sur l’excellent Chromophobia. 
Il n’a eu de cesse depuis de nous tenir au courant des activités de ce Mac Gyver de la house en provenance de Sao Paulo.

4_ The Aliens - The Happy Song

Pop psyché de haut vol et délire de chaque instant pour ces descendants du Beta Band. LA chanson que Ju écoute au petit-déjeuner et qui lui donne la banane pour toute la journée. 
Le mot Happy y est répété au moins 50 fois.

5_ Ratatat - Wildcats

Boucles entêtantes, riffs griffants et mordants, c’est Antoine qui nous présentait ce morceau élégant à la démarche chaloupée et animale.

6_ The Beach Boys - Til I Die

A force d’en parler et de les citer à tout va, on oublierait presque leur musique. C’est pourquoi chez Dodb, Nickx s’était fait un devoir de nous rappeler que même le cerveau en miette, Brian Wilson écrivait là l’une des plus belles chansons du monde.

7_ TV On The Radio - I Was A Lover

On a baisé mais on ne peut plus. 
Hip Hop nous avait décortiqué de bien belle manière ce morceau engagé qui prônait l’esthétique de l’anesthésie. 
Un récit violent qui dévoile le processus inexorable d’une fêlure intime, mais aussi le dégoût et la révolte.

8_ Alain Bashung - Je T’ai Manqué

Il nous a quitté il y a peu et on a tous pleuré. Morceau inaugural du dernier album de l’alsacien, et peut-être l’un des trois meilleurs morceaux de sa carrière, Je t’ai manqué peut tout aussi bien clôturer cette playlist. 
Et il va nous manquer.

jeudi 26 mars 2009

Une image, un son : focus sur Arnaud Le Gouëfflec…



Qui êtes vous Arnaud Le Gouëfflec ?

J'écris des chansons, des romans et des scénarios de bande-dessinée. 
J'aime construires des histoires.
J'essaye de fabriquer un labyrinthe de chansons et d'histoires où on pourrait se perdre.

Parlez nous de cette image, de votre travail en général ?

C'est un robot. 
Je trouve qu'il a beaucoup de dignité. 
Il ne lui manque que la parole. 
Il faudrait écrire quelque chose sur lui.
Je fais de la chanson, mais je me nourris de rock, de krautrock, de musique expérimentale, de dub. 
J'ai été influencé par Daniel Johnston, et je me suis mis à enregistrer des cassettes à la fin des années 90. 
J'ai été fasciné par Tom Waits, et j'ai monté l'orchestre préhistorique avec des musiciens qui savaient jouer des percussions vaudou et de la guitare rouillée. Et comme j'étais fan de King Tubby, je me suis procuré une chambre à échos. Derrière la chanson, il y a toujours une dimension expérimentale. 
J'ai eu la chance de pouvoir jouer avec Jad Fair, ou Damo Suzuki de Can, et ça a nourri mes chansons.
 
Pourquoi avoir choisi ce son ?

Je voulais collaborer avec John Trap et Ootiskulf parce qu'ils m'épataient.
J'ai écrit Starouarz sur mesure pour eux, parce qu'ils ne sont jamais remis de la Guerre des étoiles. 
Moi non plus d'ailleurs. 
Je m'étais bricolé un sabre laser avec une brosse d'aspirateur, et j'étais fasciné par le château de Jabba et ses monstres. Je possède toujours un chasseur à aile X, mais il est cassé.
C'est une chanson qui parle de la nostalgie des jouets en plastique de la Guerre des étoiles, et de la difficulté à quitter l'onirisme de l'enfance pour entrer dans le désespérant monde des adultes. Ootiskulf n'avait pas l'habitude de chanter en français, mais ça ne s'entend pas. 
On a l'impression qu'elle a toujours fait ça. Et John Trap a arrangé le morceau avec brio, j'étais très ému quand je l'ai entendue. 
J'écris des chansons depuis longtemps, mais celle-là me tient particulièrement à coeur.

Vos projets ?

J'aimerais bien écrire d'autres chansons, ou des textes sur des musiques de John Trap, pour Ootiskulf.
Sinon, je m'apprête à sortir un album en septembre, Le disque vert. 
C'est un double album mi-chanson mi-expérimental, que j'ai enregistré avec l'Orchestre préhistorique et des invités comme Noël Achoté ou Eugene Chadbourne, qui est un de mes héros. 
Je vais publier une Bd chez Glénat en Juin, dessinée par Olivier Balez, qui s'intitule Topless, et un roman chez Ginkgo éditions, l'Irrésistible.

mardi 24 mars 2009

VICTORY HALL : « The Dull Commando’s Merchandise » (album). La victoire en chantant…
























Il y a quand même un groupe dont on a trop peu parlé. A qui la faute ? Va savoir… Les marchandises du commando ennuyeux, déjà, pour un titre d’album, c’est un peu bizarre. Surtout quand c’est joué par le hall de la victoire. A n’y rien comprendre. 
Peut-être aussi parce que distribué uniquement en vinyle, ça aide pas.
Même si le cd-r est cadeau avec.
On nous parle de Calc, de Pull, et même de Guided By Voices.
Mais il est où le rapport ?

Le rapport il est qu’à mieux écouter et à rattraper le temps passé, tout ce méli mélo de pure pop indé trouve un sens, finalement assez unique, dans une veine où les meilleurs représentants sont américains. Dans notre cas ils habitent à côté de chez vous, ont un métier à côté, et ne courent plus après le succès depuis belle lurette. Et peut-être qu’après l’écoute de ces 16 titres enchanteurs et enchantés, c’est vous qui leur courrez après.

http://www.myspace.com/victorycore

vendredi 20 mars 2009

SOURYA'S BUCKET : 13 PIECES OF HAPPINESS (WITH SPICES)…



On doit être le seul groupe de Paris dont tous les membres font cuire leur riz à l'autocuiseur, qui remplace les solos de guitare par des solos de Nintendo DS, qui recherche un endorsement KFC plutôt que Zadig et Voltaire et dont le rêve est de faire la 1ère partie de Dr Dre.

Notre plus haut fait d’arme ?

Avoir mangé les beignets de crevette de Santogold pendant qu’elle était en interview avec Diplo.

Notre plus grand regret ?

De pas encore avoir sorti le DVD 
"Sourya Live at Budokan"

Notre objectif ultime ?

Finir notre carrière à Las Vegas, au Mirage pour les Tigres ou au Luxor pour la Pyramide. 
Ah non, au Bellagio pour la salle de poker.
Bon sinon, notre second Maxi « Antomy Domine » dont la prod a coûté environ 333 000 Francs CFA video clip compris, sortira la 20 avril avec des remix de Talk Machine, Prince Language et The Agency.
Achetez-le, piratez-le, mais écoutez-le.
Cheers.

Le concept de la playlist est simple.
Je fais une playlist mais avec que des morceaux/artistes important dans la vie du groupe, pas du tout une playlist de DJ je-me-la-oueje-avec-mes-morceaux-que-tu-connais-pas, comme je fais quand je mixe en soirée.

1_ Timbaland & Pharrel Williams - Vulnerable

Parce qu'on est des fans de Timbaland et de Pharrel.
Et que plutôt que de mettre deux chansons, bah autant en mettre une qui réunit les deux. 
Et puis ce titre est injustement méconnu.

2_ Kanye West - Flashing Lights

On a tous scotché sur ce morceau pendant plusieurs semaines l'année dernière.
En studio, on a tendance à rajouter des couches et des couches. Dans cette chanson, ya quasiment rien et pourtant ça envoie la mort. Ça nous fascine un peu.

3._ Blackstreet & Dr Dre - No Diggity

Parce que Dre est le meilleur. 
Au début je voulais mettre "California" 
de Tupac, mais en fait ce morceau est bien plus important dans la mémoire du groupe.
Un soir d'alcoolémie très avancé, on est devenu fou quand ce morceau est passé, et une chute a failli coûter une commotion cérébrale à Rudy... Finalement une salve de whiskey Canadien à 8 euros l’a sauvé.

4_ Flight The Conchords - Inner City Plessure

L'année dernière, on a fait une semaine de concert à Londres. Éprouvant.
Mais heureusement un de mes potes nous avait lâché son appart, et il avait la saison 1 de Flight of The Conchords. On se matait des épisodes dès qu'on avait le temps.
Et on a passé une bonne semaine à chanter cette chanson.
Ces deux mecs sont des génies.

5_ Electric Light Orchestra - Last Train To London

La chanson des phrasés. 
Quand les autres groupes écoutent fièrement "London Calling" sur la route de Londres, nous on balance cette affreuse, mais incroyable, chanson et on ponctue chaque phrasé par un "oh putain les bâtards ils vont loin quand même".

6_ Portishead - Roads

Parce que Portishead c'est la vie et qu'on les a vu tous les 4 au Zénith l'année passée. C'est plutôt rare qu'on aille tous les 4 au même concert. Et franchement c'était un putain de concert. On a tous pris une méchante claque et on a passé une semaine à chercher sur internet comment faire pour avoir un son de kick aussi fat...

7_ Radiohead - Reckoner

Sou et moi on s'est rencontré à un concert de Radiohead. Tout vient de là.
J'aurai pu mettre un classique de Kid A ou Ok Computer, mais bon, on a beaucoup écouté "Reckoner" dans le bus l'année dernière.

8_ Amadou & Mariam - Sabali

Le morceau de l'année dernière sans hésitation. On est tous devenu dingue quand on l'a écouté.
On a tous cette image de Rudy qui chante "chéri je te fais un gros bisou" dans nos têtes, et dès qu'on a un coup de blues, on y pense et c'est reparti.

9_ Oasis - Supersonic

On a grandi dans les années 90. Et dans les années 90 le plus grand groupe du monde c'était Oasis.
Et puis sur "Supersonic" on a quand même le trio Tony McCarrol, Bonehead et Guigsy et ça c'est bon. D'ailleurs il parait que bourré, je suis capable de parler de Tony McCarrol pendant une demi heure. Sans m'arrêter. C'est la copine de Nono qui en a fait les frais dernièrement.


10_ Chemical Brothers - Hey Boy, Hey Girl

Un jour, en interview, on nous a demandé si on préférerait faire la première partie de Justice ou des Chemicals.
C'est de loin la question la plus con qu'on nous ait jamais posée.

11_ New Order - True Faith

Parce qu'il fallait un New Order.

12_ Happy Mondays - 24 hours party people

A la fête de la musique, il y a deux ou trois ans, on est monté sur scène avec les Agency pour reprendre ce morceau.
On était plus bourrés les uns que les autres, mais c'était une fantastique prestation conclu par une invasion de la scène par le public. 
La video est disponible sur Youtube.
C'est aussi la seule et unique fois que j'ai été lead vocal. 
J'espère que c'était la dernière.


Bonus Track The Agency - Significant (Sourya Remix)

Parce que The Agency est le meilleur groupe de Paris, et de loin 
(derrière nous, évidemment :p ).
Et puis comme ça, tu as un inédit avec ce remix...

Sourya, 20 mars 2009

jeudi 19 mars 2009

Interview FLAIRS…



Le 1er album de FLAIRS est une symphonie en mouvement avec la marque du talent maculé sous les aisselles.
« Sweat Symphony », c’est son nom, est une mélodie en sous-sol qui oscille au dessus des nuages en toute impunité entre electro, funk, pop et mélodies typées pièges à filles.
A peine évadé du cartoon « Better Than Prince », réalisé par Jonas & François, les 2 stars montantes du vidéo clip, qui l’a cantonné comme du riz gluant pendant presque un an dans la prison dorée de l’underground parisien, FLAIRS, bassiste de son état, revient en chantant et en couleur avec la classe et l’élégance d’un prince sans rire.

Interview :

LE PERSONNAGE

FLAIRS est un personnage que tu as entièrement créé, non ? Pourquoi ?

A la base ça vient du Cockney rhyming slang, c'est une sorte de joke que seuls les anglais peuvent comprendre, demandez a votre entourage british / londonien,
ils vous expliqueront mieux que moi la subtilité de ce que sous entend "Lionel Flairs"
Sinon, FLAIRS est un échafaudage d'accidents. La photo de Marie de Crécy résume très bien le personnage, un mélange de classe transpiratoire dans laquelle je me trouve très a l'aise.

2 mots sur le clip de Jonas & François (pas plus !) ?

Une tuerie

LA MUSIQUE

FLAIRS & la solitude du groupe à un membre devant la grande incertitude du processus créatif. Comment fais tu pour avoir le recul nécessaire quand tu écoutes seul tes compos sans pouvoir les partager avec les autres membres de ton groupe puisque je le rappelle tu es le seul membre du groupe?

Pas beaucoup de recul puisqu'il y a en moyenne un mètre cinquante en mes oreilles et les baffles de mon studio.
Sinon, 70% de mon travail part à la poubelle direct (enfin des disques durs de sauvegarde)
Sur les 30% qui restent, ca prend beaucoup de temps, je ne suis pas très rapide... Sauf récemment ou les deadlines étaient très short, 
obligation d'être créatif très rapidement.
D'ou le constat: la deadline est un bon allié créatif

Parle nous de ton parcours d’ex- bassiste à plein temps ?

Ben's symphonic orchestra / Fabio Viscogliosi / Mellow / Bless / Alex Gopher / Axe Riverboy (10mn) / Fugu / TahitiBoy (40mn)/ Liquid Architecture / Notre Dame / Arnaud Fleurent Didier / Benjamin Diamond... 
Et j'en oublie certainement...
C'est génial de jouer pour les autres, j'ai appris énormément... 
Je crois que la personne qui m'a donné la meilleure leçon de musique est Fabio Viscogliosi : il m'a appris a être économe avec mon instrument (je faisais beaucoup de notes avant de jouer avec lui)
Un très grand artiste !

Les influences de FLAIRS ? Celles qui ont vraiment comptés ?

Ca part dans tous les sens: Genesis / Kraftwerk / Falco / Prince, énorme influence / The Cure / Joy Division / Talking Heads / Depeche Mode. Et beaucoup de groupes des 80s qui m'on fait grandir, la plupart anglais ou US.
Pavement aussi, énormément pour le cote low fi.

LA SCENE

La scène, seul, tu y penses depuis tout longtemps, j’imagine ?

Oui depuis l'âge de 5 ans

C’est plus facile ou plus compliqué de jouer incognito au milieu de groupe de rockeur comme les HUSPPUPIES ?

200 fois plus facile

L’ALBUM

Parle nous de cette pochette qu’une marque de cosmétique dont je tairais le nom ne renierait pas ?

Ca s'est fait très simplement: Marie de Crecy voulait faire des portraits de gens dansant dans le noir, et shootant au flash, fond noir et très cru, en argentique.
J'ai été le premier cobaye pour cette expérience photographique...
La très grande classe.
On a refait des photos en décembre pour la pochette, mais ce visuel était tellement fort que nous n'avions pas le choix, il fallait l'utiliser.
Au passage je tiens a remercier très fort Etienne (son mari) qui a aussi trouvé le titre de l'album.... Leur implication dans mon projet est primordiale.

Ton album, tu en penses quoi ? Ton morceau préféré?

Pour continuer en mode remerciement, Alex Gopher a lui aussi été une pierre angulaire dans le projet.
Son approche du son a été incroyable et très simple a la fois. J'ai aussi l'avantage d'être seul aux manettes.
On faisait donc un très beau duo pour mixer l'album.
Il a réussi a faire un son très particulier, très gros, pour des prises faites en home studio, il sait avoir du recul pour servir au mieux la musique.

Mon morceau préféré ? Certainement Golden Years, normal, c'est le dernier que je viens d'écrire... et grosse préférence pour Truckers Delight aussi...

L’AVENIR

Tes projets ?

Beaucoup de concerts, et un deuxième album rapidement, fait plus en groupe cette fois ci.
Une musique de film pour le Film de Riad Sattouf " les beaux Gosses " qui sort le 10 juin sur les écrans...


FLAIRS SERA EN CONCERT LE 31 MARS PROCHAIN AU POINT EPHÉMÈRE


mercredi 18 mars 2009

EXSONVALDES : " Near The Edge Of Something Beautiful "- (Album)…



INTERVIEW 1ERE ECOUTE, REACTION A CHAUD AVEC SIMON LE CHANTEUR

1_ A Day Like Today

L'album commence par une belle journée qui sent bon l'ami ricoré. Une journée ensoleillée avec des oiseaux qui font cui-cui dans les arbres et le chien de la famille qui coure au loin après un ballon. J'ai comme une envie de boire un grand verre de jus d'orange pour profiter pleinement de ce moment. 
Je met de la crème solaire, indice 20, au cas où et je m'allonge lâchement sur un transat à rayures en observant le temps qui passe, lentement. J’ai bon ?

Il y a effectivement un truc assez champêtre dans ce morceau. 
Ca te rappelle peut-être un peu Girls in Hawaii et les Ardennes Belges !
Pourtant ce n’est pas vraiment un morceau joyeux. Mais il a un truc assez doux dans sa mélancolie, comme si rien n’était finalement très grave.
On a très envie de faire un clip sur ce morceau, des gens qui courent dans les champs, du soleil, plein de flair. Un truc à la Modjo, « Lady ».
Je ne sais pas si ça se fera, mais Nael & Damien, qui ont réalisé le clip de «Lali», sont assez séduits par l’idée…

2_ Lali

Le single. Imparable. Beau et triste à la fois. Je ferme les yeux en pensant à Lali. Puis, j'ai comme un éclair de lucidité. 
Tu peux me donner son portable, stp ?

Je veux bien, mais je ne sais pas vraiment qui est Lali. C’est une histoire imparfaite et, je crois, universelle. Donc appelle qui tu penses devoir appeler, ce sera Lali.
Un indice, elle est brune…

3_ Near The Edge Of Something Beautiful

Le titre éponyme. 1er vrai coup de cœur. J'ai des frissons de partout à l'écoute de ce morceau. J'adore. Clap ! Clap ! Clap ! Je fais une petite ola démonstrative seul dans mon transat pour montrer à quel point je suis content. Je suis ridicule mais content. Le chien de la famille remue la queue. Il a l'air vraiment sympa ce chien.

Des frissons, c’est ça l’idée. 
« Near the edge » est un bon exemple de la relation assez complexe que tu peux avoir avec un morceau. C'est un morceau tendu, assez rageur sur la fin, qui parle assez simplement d'une déception amoureuse. Quand je l'ai composé, il y a longtemps, j'y pensais. Mais plus j'ai précisé mon interprétation du titre, plus je me suis détaché du sens des paroles pour créer une relation plus physique avec la chanson. Maintenant je n'y pense plus du tout mais, paradoxalement, le morceau a gagné en tension.
Ce n’est pas simple à expliquer, pourtant quand on le joue, ça me parait évident.
Par contre je n’aime pas trop les chiens. Alors je ne sais pas ou tu veux aller avec cette histoire de chien qui remue la queue mais ça ne me plait pas trop…

4_ Last year

Un morceau plus rock, plus rentre dedans. La tension monte d'un cran. Je reste allongé dans le transat mais je sens que je suis limite. J'ai la basket droite qui commence à chauffer. Je tapote du pied pour la calmer. Je continue ma ola sur ma lancée… Le chien m'observe bizarrement. Il bafouille de la gueule en me montrant ses crocs. L'haleine est fétide. La dentition jaunie. C'est pas joli, joli à voir. Amicalement, je lui conseille d'utiliser Email diamant, un dentifrice à pâte rouge avec un espagnol dans une pose improbable et en tenue de lumière sur le packaging . 
Sa queue se fige comme un bâton de pèlerin. Pas celle de l'espagnol mais celle du chien. Ce chien n'a à priori aucun sens de l'humour. 
L'espagnol est plus déconneur.

Oui, c’est plus rock. Laisse le chien comme il est, ce n’est ni un morceau espagnol, ni un morceau aux dents propres. C’est plus rugueux. Mais luminueux aussi. Avec ce piano qui devient un peu fou vers la fin. Et la voix d’Emma (qui chante aussi sur « Lali »).
« Last year » parle d’un type qui est dans un transat mais qui sent qu’il devrait être ailleurs. Ca l’obsède, il n’arrive pas à sortir ça de sa tête. Pour autant il ne sait pas trop ou aller.
Du coup il reste avec son chien ?

5_ Old & Weak

Un morceau idéal pour faire une sieste de 2mn 25, parce qu'après, je vous explique pas. Le morceau dure 4mn 43. Les 2 minutes 18 d'intro sont magnifiques. 
Les 2mn 25 qui clôturent le morceau sont sublimes. Le chien acquiesce en bavant.

« Old & Weak » c’est un puzzle. Ça monte, ça descend. Je crois – j’espère – que quand on l’écoute pour la première fois on est surpris, plusieurs fois, car le titre change de direction, on ne sait pas ou il va aller.
Ou alors c’est juste 3 trucs collés bout à bout.

6_ PPM

Je ne comprends pas le titre donc j'ai du mal à donner un avis pertinent : 
Perl Package Manager ? Prioriteitsprogramma Materialenonderzoek ? 
Payload Project Manager? 
Pulse Position Modulation ?
Peak Program Meter ? 
Je lance un bâton au loin dans le jardin par dépit. 
Le chien ne bouge pas. 
Il est sympa ce chien mais un peu con.

Pourtant c’est assez simple : 
Une partie par million (abrégé en ppm) est un terme fréquemment utilisé par les scientifiques (toxicologie, chimie, métallurgie, électronique géochimie etc.) malgré une rigueur discutable. Au sens strict, une ppm correspond à un rapport de 10-6, soit, par exemple, un milligramme par kilogramme ; au sens large, une ppm correspond à milligramme par litre.
Il connait pas Wikipedia ton chien ?

7_ I Know

Je ne savais pas. Maintenant je sais. 
Le chien est aux abois.
Lui ne saura jamais.

Le chien, je pense que ça le dépasse un peu tout ça. Il ne sait pas qu’il vit et qu’un jour il va mourir.

8_ 84

Une des chansons les plus belle de l'album, je laisse Simon en parler.
Même le chien est tombé sous le charme. Il pleure comme un chien. Bon, en même temps…

84 c’est une chanson noire. Une chanson lourde. Ca parle de chute. Une chute sans fin, sans repère. Ca parle des erreurs et des échecs qui pèsent sur les épaules et qui font plier les genoux.

9_ Everything I See

Clap ! Clap ! Clap !, Ce morceau a une vraiment une tête à Clap ! 
Il faut l'écouter pour comprendre. 
Le chien fait une pause pipi sans lever la patte tellement c'est beau…

Là je ne sais pas quoi dire, je n’ai jamais su parler aux animaux. Surtout, je ne crois pas qu’ils puissent comprendre quoi que ce soit. Je parle à mon poisson Bouddha des fois, mais c’est plus pour m’occuper moi que lui. Lui, il tourne.

10_ Sunlight

Alors, là on touche le graal. 
Le meilleur morceau de l'album à mon sens. Celui qui donne du corps à l'ensemble.
Une pépite dont Radiohead n'aurait pas à rougir.

Pour moi c’est plus Chokeborien. 
Mais une comparaison avec Radiohead c’est toujours bon à prendre. 
Sans conteste notre morceau le plus direct. Ca parle de soleil, mais ça n’est pas le même soleil que dans « A Day Like Today ».

11_ Life In Pieces

Je laisse le morceau de la fin à Simon.

On termine souvent nos concerts avec ce morceau. Pour le mot de la fin, viens au concert !

mardi 17 mars 2009

Playlist Redlight Recording Sessions#2 (la récap’)…



Hello! is it me you're... 
(avec la moustache)

Private joke, spéciale dédicace pas drôle je sais mais j’ai trop gambergé sur l’intro, désolé !

Et oui, déjà 22 RedLight Recording Sessions avec 20 titres publiés (1 titre a même eu l’honneur de 2 publications, juste histoire de vérifier et une playlist#1 a déjà été proposé).
Et comme toutes les choses ont une fin, les RRS s'arrêtent donc là ! ...
Non je déconne comme dirait l’adjoint au commissaire de la cité de la peur.
Avant de futurs posts éventuels, l’heure de la compil, de la playlist a sonné.
La récap ‘ comme on l’appelle de façon plus institutionnelle mais en gardant un ton volontairement jeune.
Vous pouvez écouter tous les titres à la suite ou en shuffle ou en repeat ou pas du tout, sans avoir à naviguer toutes voiles dehors sur les différentes pages parfumées du volatile cuisiné en mode indou.
Je vous invite à nous dire quels sont vos 5 morceaux préférés en commentaire(s).
A gagner : un bout d’ongle de Dapé (vous êtes vraiment vernis !), quelques poils de torse du HoneyPussy et bien sûr une dosette de café dédicacée par mes soins.

Bonne écoute...


BACKWARD

Il nous semble que le monde marche parfois a l’envers et généralement quand on a envie de le dire, c’est en gueulant un peu.
Un titre un peu speed, donc.
A écouter en se bouchant les oreilles.

TOYS

Une démo, intro + couplet + refrain. 
Je ne suis pas allé plus loin car à parler de jouets en la composant m’a pris une soudaine envie d’aller remonter tous mes vieux chevaliers du zodiaque. 
Dès que j’ai fini les chevaliers d’ors, je m’attaque au reste de cette chanson electropoprock (en un seul mot).

25 DROPS

25 gouttes, mais pourquoi 25 ? 
Celui qui trouve la réponse peut m’envoyer un sms taxé à 15 centimes d’euros.
Une démo un peu sombre avec un refrain guitare dans la tradition RedLight...
A écouter fenêtres fermées si vous prenez de l’Euphytose.

GET WELL

How can I get well when you re running away ?
Une démo premier jet écrite dans un de ces moments d’incompréhension de l’autre.
Cette phrase ne veut à peu près rien dire.

MAGIC

Un morceau qui a bien évolué depuis, mais un esprit bien dEUS dans sa nouvelle version que vous découvrirez bientôt. 
Un morceau à la mélodie simple mais que je trouve efficace.
Je me la pète un peu là, non ? 
Faut me dire, n’hésitez pas…

CONCERNS

J’aime beaucoup ce petit riff electro sur ce morceau pas abouti encore. 
Le texte ferait une belle note d’introduction si je devais un jour me retrouver devant un psy !

CASANOVA

Tout a été dit et redit sur ce personnage légendaire. Allez, on en remet une petite couche en l’imaginant se matérialisant dans un club de jazz de la Nouvelle Orléans.
Fais tourner la contrebasse, mec !


TO YOU

Une chanson très personnelle qui n a pas besoin de plus d’explications que le texte lui même. Rien que d’en parler, j’ai envie de pleurer comme une madeleine.
Donc, j’évite.

LIES

Un morceau de Guy dans la veine d’un mélange de deux de nos groupes préférés à savoir Pearl Jam et les Pixies. Un de nos plus vieux morceaux qui a failli être sur le premier album. 
Je confirme mentir, c’est pas bien !

LATE SHOT

Un morceau pour secouer un peu la tête on espère! On aime beaucoup l'énergie qu’il y a dedans. ça nous a remué et a provoqué chez nous une passion pour la transpiration (et tous les trucs qui vont avec) - Ceci n’est pas une pub -

ASTRONAUT

Aaaah, ce vieux rêve de voir la Terre d’en haut (en évitant tout de même les discussions parfois fatales avec les ordinateurs de bord à « RedLight »).
Un morceau un peu mélancolique sur la réalisation de ses rêves.
J’ai fait un petit jeu de mot, là ! 
Vous aviez remarqué ?

SHORE

Visiblement Guy s’est penché sur mon premier roman "En attendant l'éclipse..." et en a retiré l'essence pour le mettre parfaitement en musique, je n'aurais pas pu faire mieux. 
Je dis cela pour faire plaisir à Guy.

A REASON

Un morceau bien pop, qu’on espère efficace comme un morceau bien pop et efficace.

THROUGH ROADS

Dans l'idée, c’est un peu cette histoire de Robert Johnson à un croisement des routes où il aurait rencontré le diable avant de lui vendre son âme.
Un croisement, soit on sait ou on va soit on y passe des heures.

ARRIVAL

Une intro, un couplet, un refrain, toujours dans l'esprit des morceaux de Guy, un peu planant. Il est comme cela Guy, il n’a pas les pieds sur terre.

MONDAY SAYS

Ah qu’on aime tous le lundi ! 
Une passion commune partagée par le chat obèse Garfield avec les lasagnes entre autres. 
Un morceau très Cure dans l’esprit du couplet et plus énervé sur le refrain, forcément, le lundi on est tous un peu énervé. 
C’est pas le rouge à lèvres de Robert Smith qui me contredira.
Ni la banane de Jesse Garon.

DUST

Le dernier en date. Ecrit en 1h à la base en Français pour une demande un peu spéciale. Mais vu que je l’aimais bien, finalement on l’a gardé et mis l’anglais traditionnel. A mon oreille, un titre qui pourrait se rapprocher de « Crash System Control » dans le futur et qui je l’espère ne finira pas dans la poussière !

LITTLE DEMONS

Le monstre du placard ! Après avoir revu les 7 Nightmare on Elm Street, je me dis que ça aurait été marrant d’avoir ce morceau décalé un peu a la Beck dans la B.O, surtout des derniers vu que c’est quand même vite parti en sucette.
Freddy Krueger me fait rire mais moins que Benny Hill quand même.


STILL THE ONE

Comme « To You », un titre vraiment personnel. Il parait qu’on ne se remet jamais vraiment de son premier amour. On essaie de prouver le contraire, mais au final y arrive t on vraiment ? Je conseille l'écoute de Late Shot juste après ce titre histoire de pas trop gamberger et faire une overdose de Dolipranes ! 
Vendu aussi en suppo.

ROAD TO THE IN BETWEEN

Un vieux morceau de la même époque que Midnight Song du premier album où
J’aimais bien jouer avec les ambiances vraiment Electro Trip Hop. Le chant est très bancal car il est pratiquement improvisé en une prise. Le morceau a une partie violons pianos que j’adore vers la fin. J’aime bien les violons. 
Surtout vers la fin.


Bonne Ecoute a tous et on attend vos Top 5 ! (rappel des cadeaux plus haut)

Merci a vous et à Mr Chicken T (ça fait presque Mr T en fait ? Il est quand même un peu bizarre ce garçon…)

Londres, 17 mars 2009

lundi 16 mars 2009

Une image, un son : focus sur REVEREND TOM FROST…



Qui êtes vous Reverend Tom Frost ?

Un Howlin’ Singer & un Stompin’ Musician.
J’aboie, je tape du pied, je gratte, et j’en écrase sévèrement sur un clavier de piano.


Parlez nous de cette image, de votre travail en général ?

Cette image est tirée de l’excellent ‘Curse Of The Werewolf’ 
(Terence Fisher 1961)
Un film que j’ai dû manger une centaine de fois depuis que je suis enfant.
J’aurais pû choisir Lon Chaney dans le phantôme de l’opera, mais l’esprit est le même.


Pourquoi cette image ? 
I don’t know doc. Seulement, j’ai toujours construit mon travail sur cette ‘imagerie’ qui me tient à cœur. L’horreur, la répulsion, l’incompréhension, et cette foutue tendance de l’homme à combattre la bête qui sommeille en lui. On retrouve ces thèmes dans la littérature gothique américaine de O’Connor par exemple, j’aurais donc pû choisir une couverture de bouquin mais bon, ne plaisantons pas trop non plus, ce n’est pas le salon du livre que je sache.
Bon on s’éloigne.

Mon travail ? Je mange, je mâche, je digère, je construis, je casse tout, je reconstruis tant bien que mal avec des moyens de fortune, j’éructe, je vomis (roh ça va, c’est une métaphore), bref, je suis une sorte de musicien ‘playskool’, sauf que je ne suis pas en pâte à modeler.

Pourquoi avoir choisi ce son ?

Saint James Infirmary, le thème simple et direct par excellence, un truc venu d’un monde qui n’existe plus, la mort expliquée pour les enfants par un vieux preacher man qui tient une bouteille de Bourbon dans la main. Je te le dis moi, simple et direct, pas de chichis.

Vos projets ?

Un resto ?
De nouveaux enregistrements en studio ?
Un nouveau disque ?
Une tournée au Mexique ?
Advienne que pourra, Dieu protège les siens, le Diable protège les puissants.

vendredi 13 mars 2009

Playlist VIOLAINE SCHÜTZ…



La bio – officielle - le reste est réservé aux intimes, j'en dis déjà beaucoup en exposant mes choix musicaux sur papier ou dj set. Née l'année de la mort d'Ian Curtis, Violaine doit son nom à la batteuse d'un groupe de new-wave,
mais n'est pas foutue d'écrire une chanson. Pour se venger de cette incapacité chronique à se pencher religieusement sur son Epiphone noire, elle écrit pour Tsugi, a publié un livre sur un petit groupe de dance (Daft Punk) chez Scali, et tyrannise les platines des clubs et festivals (Paris Paris, Rex, Loco, Showcase, Pulp, Fleche D'Or, Bataclan, Astropolis)
assez fous pour la laisser faire.
Elle joue également ses meilleurs disques de techno, new wave, cosmic disco, italo, electro, minimale et pop en bande avec ses copines de JVC www.myspace.com/jvcrocks, ou sa collègue de charme Céline www.myspace.com/kissthegirlrules

1_ Les fils de joie – Adieu paris

Je suis une fan de minimal synth wave, c'est l'un de mes noms de groupes préférés au monde; "Adieu paris", c'est pas pour l'invitation au suicide, mais parce que je suis une Marseillaise qui rêve de Biarritz en été.

2_ Morgan Geist – Lullaby

Un sommet d'électro pop mélancolique instrumentale, très « minimal », un de mes genres préférés (pas la minimale, mais l'électro romantique).
Le solo de trompette est à tomber, et m'empêche littéralement de faire quelque chose à côté quand je l'entend!

3-_ Ariel Pink – For Kate I Wait

C'est beau, sauvage, pur, diy, lo-fi et désespéré. Ariel Pink, c'est un peu mon dieu.

4-_ Todd Rundgren – Hello, it's me

Ce mec est un fou, il se sape en meuf, et a plus de tubes que plein de groupes glam rock réunis. Ce titre a été utilisé par Sofia Coppola pour la B.O de Virgin Suicides, son écoute me donne systématiquement envie d'être dans les 70's, dans une grosse bagnole avec toit ouvrant, des bières, une robe fleurie et un garçon aux cheveux longs au volant.

5_ New Order – Mr Disco

Pas de playlist digne de ce nom sans un NO, mon groupe préféré de tous les temps, juste avant Joy Division. C'est le mariage parfait entre le synthétique (le dancefloor, la nuit) et la neurasthénie (rester pleurer dans sa chambre). L'histoire de toute ma vie...

6_ Animal Collective – My Girls

Un des derniers disques qui m'aient retournée. Comme la moitié de la blogosphère, je peux l'écouter 10 fois d'affilée, soit presque autant que le « your love » de Franckie Knuckles.

7_ William devaughn – Be thankful for what you've got

Comme les disques d'Hot Chip, ou des Beach Boys, c'est le genre de chanson pour faire un feu de camp sur la plage, et profiter de l'instant présent, en se foutant d'à peu près tout le reste. C'est de la musique "ensoleillée".

8_ Talking Heads «This must be a place »

Une chanson qui me donne envie de croire en Dieu. Je suis athée. Sauf en musique.

Violaine Schütz, 13 mars 2009

jeudi 12 mars 2009

Very WALL•E…























Sourya - Anatomy Domine out on the 20th of April. 
With remixes from Prince Language, Talk Machine and The Agency

mardi 10 mars 2009

Interv YOU ! …




Laura me donna rendez-vous à l’hôtel Amour dans le 9ème arrdt.
J’étais pas contre mais pas d’accord du tout.
Si par malheur, un paparazzi mal rasé me prenait en photo en pleine après-midi là-bas, j’étais un homme mort.
Mon chien, ma femme, mes deux enfants et mon hamster me quitteraient illico sans prendre les formes mais en emportant tous les meubles et sans coup férir.
Ce qui dans l’absolu n’était pas drôle.
L’idée de perdre mon hamster donna à mes yeux un petit côté piscine olympique à forte concentration en muscles, moule trucs, bonnets siliconés et lunettes ventousées pour globes oculaires.
Laura compréhensive changea le lieu de rendez-vous.
Elle était chouette Laura.
On décida d’un commun accord de se retrouver à 15h00 au Rose Bakery, rue des martyrs.
José et Romuald m’attendaient de pied ferme et en escalier dans cette rue toute en pente qui ressemblait à une piste de ski labellisée ESF qui sentait bon la raclette.
Je remontais la rue en remuant du bidon comme une danseuse du ventre qui opinait du bourrelet de façon pathétique.
José était capuché comme un Stuck in the Sound et Romuald comme un YOU ! tout court mais capuché quand même.
José et Romuald me regardaient en se demandant si c’était bien moi qui remontait la rue des martyrs, la goutte au nez en leur tendant le bras comme un imbécile heureux.
Je me présentais à eux sans chichis en leur serrant la main l’air de rien.
« Hello ! », dis-je en ne disant rien de vraiment intéressant.
« Salut, mec ! », répondirent Romuald et José comme un seul homme.
Le Rose Bakery était décidemment un peu trop rose pour nous.
José était d’accord. Romuald aussi, je crois bien.
Laura m’avait posé un joli lapin.
Elle n’était pas venue.
Mon hamster pouvait dormir tranquille sur ses deux oreilles et en équilibre.
J’écrasais ma clope en la jetant au loin sous mes pieds.
D’un commun accord, nous traversons la rue timidement en ordre dispersé.
Le café en face était situé juste en face.
On y alla tout de go mais à la queue leu- leu.
Le bar nous accueilla les bras ballants mais de façon sympathique.
Il était vide et le brouhaha de la machine à cafés était silencieux.
Chacun s’installa à qui mieux, mieux.
Moi, en face. Romuald et José de l’autre côté.
« 3 cafés dont un serré, svp… » , dis je en interpellant la jeune serveuse qui passait par là, un peu surprise par cette commande qui allait booster son chiffre d’affaire.

INTERV YOU !

LA RENCONTRE

José et Romuald s’étaient rencontrés un soir dans un bar grâce à une amie qu’ils avaient en commun, puis un autre soir dans un autre bar tout seul comme des grands.
Les soirées s’enchaînèrent comme des petits pains et tous les deux commencèrent gentiment à s’habituer l’un à l’autre en se marrant comme deux larrons en foire.
On était en juillet 2005 et Romuald connaissait vaguement les STUCK.
José ne savait pas encore à qui il avait vraiment à faire.
Un soir, José décida de dormir chez Romuald pour une raison assez obscure de carte orange 2 zones déguisée en passe navigo. Ou en Vélib.
Je ne sais plus vraiment.
José habitait Montreuil et après une soirée du genre arrosé, il était plus sage pour José de squatter chez Romuald.
Romuald en profita pour lui faire écouter ses « trucs » comme il dit.
José resta scotché comme une mouche sur un papier tue qui portait le même nom en écoutant les « trucs » de Romuald.
« Mais putain, c’est mortel ce truc ! », dit José en regardant Romuald comme une salade grecque vachement bien assaisonnée.
José posa illico et de façon instantanée sa voix sur les 4 premiers « trucs » de Romuald
(Ouohoho, Shot, Fight et Jenny Go)
Romuald et José kiffèrent grave.
Le groupe YOU ! était né.
Les cartons de naissance furent envoyés à la va-vite ni une ni deux sur une page Myspace improvisée.

LA SPONTANEITE DES MORCEAUX

Entre les STUCK et YOU !, la voix de José se ballade gentiment dans les aigus comme un Robert Smith au meilleur de sa forme.
Les STUCK ont signé avec un label et commence à enchaîner les tournées sérieusement.
Les labels commencent à s’intéresser rapidement à YOU !
La signature arrive vite, très vite, trop vite ?
L’histoire nous le dira plus tard mais c’est assez rare pour le souligner.
Romuald et José travaillent par sessions de 3, 4 morceaux de façon sporadique mais très régulièrement.
José sonne à l’improviste chez Romuald et pose sa voix instantanément en une seule prise devant un micro tout pourri branché sur un ampli tout pourri aussi.
Romuald ensuite mix à sa sauce en cassant les medium.
Romuald aime bien déconner avec les medium.
La voix de José est utilisée comme un instrument de musique par Romuald.
Et il n’est pas rare d’entendre la voix de José sur des morceaux qu’il n’a pas encore chanté.
Le résultat est hope to YOU !

YOU ! A T-IL UN AVENIR EN FRANCE?

José pose la question à Romuald.
Romuald n’est pas sûr que son projet ait de l’avenir en France mais en même temps il s’en fout un peu, voir carrément.
Ce qui l’intéresse vraiment, c’est de faire des trucs qui lui plaisent.
Après, bien sûr l’Angleterre, why not ?
Et tourner un peu plus, ça c’est sûr…
Rattraper le temps perdu, peut- être aussi.
C’est ce que pense José en tout cas.
« Mais pourquoi personne n’en a parlé avant de ce truc, putain de bordel de …», dit José en serrant son petit poing rageur comme un calamar géant un peu timide de la ventouse.
Pour José, la musique de Romuald, c’est du pain béni et du vin aussi.
Mais pas encore béni.
«J’arrive, je chante, c’est bon, quoi ! ...»
Il avale son café d’une traite pour étoffer sa pensée.
Je suis d’accord avec José mais j’ai déjà fini mon serré.
Je ne m’étale pas pour ne pas gêner Romuald.
Romuald est graphiste dans la vie mais avant tout un très très grand compositeur.
Voilà, c’est dit.
Romuald doit se faire à cette idée et à son nouveau statut.

LA FAMILLE

David des I AM UN CHIEN, accessoirement frère de José, et Doug, comparse de David ont rejoint le groupe YOU ! pour jouer sur scène.
De vraies bêtes de scène les I AM UN CHIEN.
José et Romuald me disent qu’il ne serait pas étonnant qu’à terme on retrouve les STUCK, YOU ! et I AM UN CHIEN sur le même plateau, la même scène, le même soir.
Le projet pourrait voir le jour prochainement en Angleterre.
A suivre donc, mais pas comme un jeune chien fou.

LE CLIP DE « I HATE YOU »

En 4 jours, le clip a été visionné par 28000 personnes sur Dailymotion.
Trois cents commentaires pas forcément pertinent mais néanmoins rigolos ont parsemé le net de débilités en trois W.
Les gens trouvent la voix de José horrible.
La crédibilité du commentaire est évidente.
José chante vraiment très très mal.
La tête du clip est morte de rire.

MONEY, MONEY, MONEY

On évoque rapidement le sujet avec José. La crise du disque et tout le tralalla.
José me dit toucher 0, 17 cts par album vendu avec les STUCK.
No comment.
Je sens que je vais payer les cafés.
Objectif live !
A défaut de penser à la lune.

LES STUCK VS YOU !

« José, si tu devais choisir entre les STUCK et YOU ! ? », dis-je.
Ma question est débile, je le sais.
La réponse de José fuse sans hésitation.
« Je reste avec les STUCK et mes angoisses, bien sûr...
YOU ! est un exutoire pour moi, je chante grave, aigu… »
José n’a pas le temps de finir sa phrase que Romuald est déjà sorti fumer une cigarette cul sec, légèrement énervé mais reste malgré tout fair-play.

UN ALBUM BIENTOT ?

Romuald est revenu en souriant avec de la fumée plein les cheveux.
« On attend de voir ce qui se passe un peu », me dit-il.
Quelques EP sont prévus mais rien n’est vraiment définie.
L’avenir des STUCK est forcément lié à celui de YOU !
Ou inversement.

VOUS ECOUTEZ QUOI LES GARS EN CE MOMENT?

« Crystal Castles », me répond Romuald sans hésiter en rajoutant
« Et pas mal de trucs pas connus… »
« Romuald est très fort en truc pas connu du tout ! », renchérit José l’air moqueur.
Romuald me regarde bizarrement et est incapable de me citer un de ces groupes pas connu du tout.
A part un truc italien dont j’ai oublié le nom.
Mais qui à priori n’est pas connu du tout.
Romuald n’avait pas menti.
Moi, j’écoute « YOU !, SONIC YOUTH, METRONOMY, les DODOZ, NELSON, SYD MATTERS, I AM UN CHIEN… », me dit José mais « Je suis réellement un grand fan de YOU !, en fait… ».
Romuald le regarde et une petite l’arme coule sous sa capuche.

On décide de finir l’interv YOU ! en fumant une clope sur le trottoir.
On se regarde sans se parler.
Chacun écrase sa clope avec son propre style.
On se serre la main en se disant à bientôt.
Je pars l’air satisfait
Je remonte la rue des martyrs en appuyant sur la touche play de mon magnéto.
Cet imbécile à piles n’a rien enregistré.
Je viens de passer plus d’une heure avec le plus grand groupe de rock de la rue des martyrs et je suis le seul à le savoir.
I Hate ce putain de magnéto !

Je remonte la rue à contre sens en écoutant « Sisters » à fond dans les oreilles avec mon casque à musique légèrement désorienté par le talent de Romuald et José.

lundi 9 mars 2009

Une image, un son : focus sur EGLANTINE MOLOKOSTAR…























QUI ÊTES VOUS EGLANTINE ?

Eglantine Aubry aka Molokostar née de père connu dans le milieu (de la photographie), d’une mère télévisuelle, et d’une petite part encore visible sur mon visage d ex-URSS.
Je parle anglais avec un accent que personne n’a jamais réussi à réellement identifier (les anglais du nord le disant du sud et vice versa). 
Comme toutes les jeunes filles de paris- bastille 2009, je porte une frange, les ongles rouges, un casque sur les oreilles et je bois ma pinte de bière a la paille.
J’ai passé ma plus tendre enfance rivée devant les Shadocks, le Roi et l Oiseau et le Magicien d’Oz , ce qui explique probablement mon perpétuel report de l’arrivée à l'âge adulte.
J ai une passion pour le chiffre 4, la couleur rouge, Jean Rochefort, et les hallucinations nocturnes .

Ah oui
Je fais des images aussi

PARLEZ NOUS DE CETTE IMAGE, DE VOTRE TRAVAIL EN GENERAL ?

Dans mon travail, je me ressens comme un miroir, un miroir sympathique, un miroir qui renverrait de bons souvenirs; un reflet amélioré, souvent teinté de nostalgie.
Je reste extrêmement attachée aux albums de famille, aux images de vacances, de mon enfance ou des générations précédentes. 
Me revient par exemple (allez savoir pourquoi), une toute petite photo noir&blanc de mon père dans une carriole en bois, mon grand père se tient debout à ses cotés, l’air hilare.
C'était la guerre, c'était l’horreur, le grand père a été déporté quelques années après, mon père a aujourd’hui 70 ans, mais cette photo reste là, et se charge petit à petit d’un sens qu’on aurait jamais soupçonné dans les années 40.
Voilà ce que je fais, ou en tout cas essaye de faire, traquer la naïveté dans ses derniers retranchements.
Les autoportraits partent de là. 
De ces souvenirs d’enfance, d’ailleurs la plupart d’entre eux sont réalisés sur “mon île”, Noirmoutier, où, comme chacun sait, poussèrent toutes les gaufres au sucre glace du monde dans les années 80. Cette facette de mon travail s’est imposée il y a deux ans, suite à la perte 
d'un être cher, photographe de talent, grand enfant devant l’éternel, Sébastien Mazière www.sebastienmaziere.com
L image que je vous propose lui est justement dédiée.
Ensuite, il y a mon goût pour la musique, depuis quelques années plutôt indépendante et souvent lo-fi. 
La musique comme lien surtout, comme unité de temps et de lieu, les concerts, les discussions interminables, 
les open mics, ...
La “familiarité” si on peut dire.
J'ai découvert là un refuge inespéré, une sorte de grande fête sur un radeau au milieu de nulle part. 
Je crois bien que pour rien au monde je ne descendrais de là.
Je crois bien que je ne serais pas la première à faire demi tour au moindre signe de terre d'ailleurs, l’important c’est le voyage, pas la destination.
(mon dieu quel ramassis interminable de clichés , vous avez le droit de sauter des paragraphes , je ne vous en tiendrais pas rigueur)

POURQUOI AVOIR CHOISI CE SON ?

Ca s'est fait tout seul , lorsqu' après avoir lu son excellent essai sur Daniel Johnston
(http://www.rosab.net/ , à J comme Johnston) j’ai décidé de réécouter le premier album de Willfried* 
(“Songs for mum & dad”) dans la rue, en marchant, comme tout doit s'écouter.
C est difficile d’écrire sur les gens auxquels on tient, surtout lorsqu’ils sont d’une complexité et d une franchise telle mais je vais essayer.
Il y a chez Willfried* une sensibilité presque photographique, une écriture de l’ombre, une dualité assumée qui me fascinent. 
Une simplicité désarmante aussi.
Je me disais en l’écoutant l’autre jour que certains de ses sons me faisaient l'effet du brouhaha d une cour de récréation la nuit.
Et tout ça colle bien, en tout cas dans mon esprit, aux images que je produis.
J’ai choisi précisément cette chanson, je ne sais pas l'expliquer autrement, tout simplement parce qu’elle me touche.

VOS PROJETS ?

Me trotte dans la tête l’idée de réunir quelques séries et d’en faire un livre.
Pour l'instant le coté exposition ne me tente que très peu. Peur d'opposer un lieu à des images si personnelles, peur qu’en les y pendant elles ne s'étouffent.
Je les veux transportables, proches , olfactives ; je veux qu on puisse s y réfugier n’importe où ... des amies imaginaires en quelque sorte.

Eglantine Molokostar, 9mars 2009


www.molokostarphotography.com

vendredi 6 mars 2009

Playlist pOOr bOy…























Moi c'est jacques, Alias POOr bOy
(en hommage à ces gros loosers que sont Nick Drake et Robert Johnson), pseudo choisi à l' époque du looser de Beck et après avoir vu " coup de tête " pour la quatrième fois En VHS (cassette Basf 180 minutes color resistant).
Oui bon, j'étais un ado mal dans sa peau qui se réfugiait dans la musique 
(et aussi les présélections minitel de questions pour un champion à 1,35 francs/minute).
Depuis trois coupes du monde se sont passées ainsi que 14 challenges Jean Robic et 2600 heures d'entrainement intensif pour Brian Joubert, et pendant tout ce temps là j'en ai entendu des choses merveilleuses, certes depuis je suis devenu quelqu'un dans la vie, j'ai réussi à m'intégrer socialement, les banques me font confiance, j'ai une magnifique femme à la maison.

Voici donc 8 merveilles du monde :

1_ King Creosote : 
Not One Bit Ashamed (KC rules ok/domino records 2005)

L'Ecossais tutoie les étoiles avec ce titre qui renvoie les beach boys à la maison.

A conseiller avant tous vos rendez-vous d'affaires

2_ Vic Chesnutt : 
Debriefing 
(North star deserter/constellation 2007)

Plus qu'accompagné par Silver Mt Zion, morceau dantesque et fuzzesque.

Très efficace comme musique d'ambiance de restaurant TEX MEX

3_ Cloud Cult : 
Living On The Outside Of Your Skin (Advice from the Happy Hippopotamus 2005)

Je n'ai découvert ce groupe que l'année dernière. Il y a vraiment quelque chose de nouveau dans ce groupe.

Parfait pour tous vos travaux de maintenance nucléaire

4_ Elliot Smith : Waltz#1(XO/dreamworks 1998)

Un pur chef-d'oeuvre, désespéré.

Indispensable pour vos bals pop de printemps

5_ Future of the left : Adeadenemyalwayssmellsgood (curses/too pure 2007)

Les anciens Mc Lusky produits par Albini.

Parfait pour le tea time

6_ Glen Hansard & Marketa Irglova, BO Once: 
When Your Mind's Made Up (2006)

Très beau film, très belle B.O surtout ce titre.

Constitue un excellent préalable à tous vos sacrifices humains.

7_ Micah P Hinson and the gospel progress : 
The Possibilities 
(sketchbook records 2005)

Le bad boy texan, incroyable talent.
Tony rominger me confiait récemment qu'il avait pris l'habitude d'écouter ce titre tous les matins à son bureau.

Je prépare un livre sur cette confidence.

8-Why ? Crushed Bones 
(elephant eyelash/anticon 2005)

Le meilleur pour la faim, No comment

Merci à Chicken T.
A bientôt,

Jacques alias pOOr bOy

L'album de pOOr bOy sortira le 8 juin prochain.

lundi 2 mars 2009

Le plat du jour du mois de mars : MYCELIUM, « Carnival Daze ». La flûte enchantée…
























Le MYCELIUM est la partie végétative des champignons. Il est composé d'un ensemble de filaments, plus ou moins ramifiés, appelés hyphes, que l'on trouve dans le sol ou le substrat de culture (source Wikipedia), mais franchement tout le monde s'en fout un peu ou presque, voir carrément. Je fais partie de cette troisième catégorie.

L'automne est une saison idéale pour aller cueillir quelques champignons dans les sous-bois, au milieu des odeurs de la flore et du chant des oiseaux.
Enfin, c'est ce que me disait Julien en tentant de me persuader l'air de rien pour que je le suive cahin- caha pour une ballade sous les arbres.

« Viens ! », me dit-il.
« Tu vas être surpris !».

Julien enfila des bottes en caoutchouc de marque approximative en remuant la tête dans tous les sens pour faire rentrer ses petits pieds à l'intérieur.
Je l'observais en pensant à rien.
J'avais juste envie d'éclater de rire.
Ou en sanglot.

Je connaissais Julien depuis peu.
A peine 5 minutes, en fait.
Il venait de m'envoyer un mail et avait débarqué chez moi comme une flèche, 3 secondes à peine après réception dudit message informatique.
Il avait toqué à ma porte comme un forcené alors qu’il suffisait de sonner.

Julien était du genre tenace et tenait absolument à me faire découvrir son groupe à flûte qui sévissait là-bas dans les bois.
Je cédais par lâcheté. Ou par curiosité. Mais plus par lâcheté quand même.

C'est les cheveux mouillés par une bruine de saison et les Converses pleine de boue que je m'aventurais dangereusement sur un terrain en grande partie hostile pour mon petit corps de citadin lambda.
J'emboîtais le pas chaloupé de Julien en sifflotant « Eylau Eylau on rentre du boulot ».

Il faisait un froid de canard WC.
Quelques hiboux poussaient des cris de circonstance et au loin un loup criait au loup.

« On est bientôt arrivé, t’inquiète ! », me dit Julien en tentant de me rassurer.

Il dégageait à la serpe le feuillage qui nous empêchait d'avancer correctement.
L'ambiance était Koh-Lantesque et franchement l’idée de manger une mygale poêlée me donna la nausée.
Julien stoppa net, sans faire de mise au point.

« C'est bon, on y est. Assieds toi ! »

J'obtempérais pour ne pas casser l'ambiance mais franchement je trouvais le ton de Julien un peu olé, olé, limite tortilla.

Je m'asseyais sur de la mousse verte et humide en serrant... les dents.
Sans crier gare, Julien me colla deux écouteurs sur les oreilles et déroula son 1er EP, intitulé " Carnival Daze ", en taquinant le cover flow de son iPod comme une manette de Playstation.

« Alors ? », me dit-il, sûr de lui en soufflant sur ses ongles et dans sa flûte.

« Pas mal ! », répondis-je pour faire genre mais pas trop mais en tapant du pied comme un malade sur le gentil écureuil qui s’était couché sous mes lacets.

Les autres membres du groupe débarquèrent de derrière les fagots comme un seul homme alors qu’ils étaient plusieurs.

« On y va ? », me demanda Julien en me pressant le citron comme un melon.

Ok, j'étais bon pour une interview Dame nature :

Salut les champignons ! Bon, je vais être super honnête avec vous. En écoutant vos morceaux, j'ai été agréablement surpris et légèrement perturbé par un son un peu étrange que je n'avais pas entendu depuis au moins 100 ans chez un groupe de rock Français à moustaches. De mémoire, le groupe s'appelait The Claude Debussy mais je n'en suis pas sûr. Ce son n'est pas déplaisant, bien au contraire. Il est juste étonnant. J'ai le nom de l'instrument sur le bout de la langue mais il ne sort pas.
Je tire la langue pour être certain que Julien ait bien compris la question que je n'ai toujours pas posé .

Ben… le Mycelium est effectivement la partie végétative , c’est une image du cerveau , des mondes internes et personnels, de l’imagination qui est comme le terreau ou l’on plante les graines, nos rêves et on trouve refuge et solutions ou suggestions à nos barrières diverses.

MYCELIUM est un nom de groupe fort sympathique au demeurant mais il faudrait sérieusement penser à en changer, non ? Parce que franchement, MYCELIUM, ça va pas pouvoir le faire longtemps. C'est pas crédible. Enfin, si vous comptez faire carrière. Moi, je dis cela, je dis rien… (Sinon, dans un autre style, j'aime bien Armillari ostoyœ… mais c'est super personnel)

Un ange passe puis un deuxième en string.

Votre style musical, vous le définiriez comment si vous étiez à ma place ?

Je change de place volontairement avec Julien pour être certain qu'il ait bien assimilé la question hyper pertinente que je viens de balancer tout de go, sans réfléchir dans un élan de créativité débordante qui m'étonne le sourcil en accent circonflexe.

Pop Progressive !

La réponse me cloua le bec comme un breton de Nazareth que j’aime bien.

La scène parisienne comme on l'appelle ici même (enfin, pas vraiment ici même parce que là normalement on est censé être dans les bois) à la capitale, vous en pensez quoi, franchement ? Vous êtes bien parisien, non ? Parce que franchement sinon la question n'a absolument aucun intérêt…

Oui parisien ou pas… si on parle de l’esprit …personne fait de la pop progressive avec nos influences et notre type de formation.
Bien sûr on pourrait avoir un nom en
« The » ou un nom avec des copiés collés style « Break Break Balls Balls », ça nous aiderait peut être à jouer à la flèche d’or ou au baron mais on s’en tamponne les steaks dit très humblement et le plus diplomate possible,une identité ne se résume pas qu’au nom.
D’ailleurs Cheval Cheval ou Poney Poney on kiffe ! C’est de la bonne zique.

Outre le fait de penser sérieusement à changer de nom dans un délai assez proche (moi, je dis cela, je dis rien), quels sont vos autres projets ?

Ben, dis rien alors, cimer !
Un album des lives…
Notre batteur est passé deuxième guitariste et nous annonçons en exclu sur Chichen Chika l’arrivée de l’immense par la taille et le talent David Jarry aux fûts.
La grande rentrée et la 1ere date se fait le mardi 16 juin à l’occasion de la soirée « Pimp my Tour » au Backstage qui lance le site et prod live « My Indie Tour »
Et notre nom, on le garde il est anti-bien pensant comme notre son.

Merci, les gars, c'est vraiment top ce que vous faîtes mais on fait comment pour rentrer ?

Ah mais tu restes ici le sol est crade après la crémaillère d’hier. Tu nous files un coup de main.

La nuit commençait à tomber doucement comme dans un film qui fait peur.